A l'approche d'un chiffre symbolique dans mon nombre de contacts LinkedIn, je me suis demandée ce que c'était le réseau pour moi et comment j'avais construit le mien, malgré un dégoût certain pour LinkedIn et une timidité naturelle.
Je suis quelqu’un de plutôt timide, vraiment. Pas le genre à entrer dans une salle en parlant fort ou à enchaîner les conversations. Plutôt le genre à passer 10 minutes à réfléchir avant d’envoyer un message, à hésiter avant de parler dans un groupe, à avoir besoin de temps seule après un événement social. Je suis plutôt mauvaise pour le small talk, et je suis souvent à côté de la plaque quand il faut interagir avec mes semblables (si vous me connaissez, il y a 100% de chances que j’aie dit un truc vraiment bizarre à un moment, non ?). Récemment dans une conversation, on m’a demandé mes hobbies et j’ai pas su quoi répondre, c’est vous dire mon niveau de sociabilité….
Et pourtant, on m’a souvent dit :
“Mais toi, tu connais tout le monde !”
“Toi, te faire des contacts, ça a l’air facile.”
Ce n’est pas parce que je suis extravertie (je ne le suis pas), ni parce que j’adore le “networking” (je déteste ça). Alors pourquoi s’entourer et surtout, comment bien s’entourer ?
On a tous déja entendu qu’aujourd’hui “il faut du réseau”. Mais spoiler, ça ne veut rien dire. Les contacts, le réseau, ce n’est pas un chiffre sur LinkedIn, j’y reviendrai. Oui, “le réseau”, c’est un truc utile dans la vie professionnelle quoiqu’on en dise, mais pas forcément pour les raisons qu’on nous rabâche partout.

Le networking, c’est l’enfer. Illustration par @ButtPoems.
On ne va pas se mentir :
…tout ça est beaucoup plus simple quand tu connais des gens et que des gens te connaissent.
Pas parce qu’ils vont “te pistonner”, mais parce que :
Et puis il y a l’autre aspect, tout aussi important :
Le réseau, pour moi, ce n’est pas juste des contacts qui t’envoient des offres d’emploi ou font des posts LinkedIn. Le réseau, c’est une bouée mentale dans un métier parfois très solitaire.
Ce sont des groupes de personnes toutes différentes qui te permettent d’échanger sur plein d’aspects de ta vie pro : la communication ratée avec un collègue, la bonne nouvelle de ton dernier entretien, le cas insoluble qui te hante depuis 2 mois, la dernière découverte qui t’a passionnée. Et ça, ça fait avancer, ça fait progresser, bref, ça fait de toi un·e meilleur·e pro.
On associe les gens qui ont du réseau à des personnes qui savent parler fort, ou qui sont partout et qui savent se vendre…. Moi je suis timide ; je ne sais pas trop me vendre ; je sais que je ne parle pas très fort (une fois sur deux on me demande de répéter ce que j’ai dit). Je n’aime pas spécialement partager ma vie et l’étaler. Mais j’ai découvert qu’être (un peu) introverti·e peut être un avantage :
Bon, super, je t'ai convaincu·e ? Alors comment on fait ?
Pour moi, le secret du réseau ce n’est pas de parler fort. C’est d’être VRAIMENT intéressé·e par les gens. Un bon réseau n’est pas grand, il est sincère. Si tu m’as suivie jusque là et que tu crois toi aussi dans le pouvoir des liens pro authentiques, voici mes humbles conseils pour construire ce réseau sincère et vraiment utile.
Parce que ça ne sert à rien d’aller à 10 000 événements, de rejoindre 15 Slack et 18 Discord, de poster une fois par an uniquement pour promouvoir ta boîte… si tu ne dis bonjour à personne et que tu ne t’intéresses à personne.
Un bon réseau, ce n’est pas large, c’est vrai. Alors voila comment je fais.
Un de mes outils préférés. Ça peut sembler un peu artificiel au début, mais en fait non si tu le fais, encore une fois (je me répète), avec sincérité.
Exemples :
Pas d’objectif caché. Juste… prendre des nouvelles. Simple. Basique.
Pas besoin d’organiser une conférence internationale.
Sans prise de tête, sans agenda. Propose juste aux gens de se voir.
Si tu stresses rien que de penser devoir maintenir une conversation, pense à un ou 2 sujets qui te feraient plaisir d’aborder : des trucs que tu as en tête ou qui te sont arrivés au taf récemment. Pense à ce que tu aimerais savoir du travail des autres, qu’est-ce qui t’intéresse vraiment ?
C’est fou comme on sous-estime ça mais dans un monde de concurrence, il est indispensable de se soutenir, de manière collective :
Le réseau, c’est surtout donner, pas juste solliciter.
Oui, c’est intimidant, surtout que quand on commence, souvent on commence seul·e. Et franchement, je ne connais pas beaucoup de gens qui sont à l’aise dans le fait d’arriver seul·e dans une foule. Mais tu peux juste écouter, poser une question, discuter avec UNE personne.
Et si un jour tu te sens prêt·e :
Pas besoin d’être expert·e mondial·e et pas grave d’avoir la voix qui tremble un peu.
Sur LinkedIn, Mastodon, Twitter, etc. Like quand c’est pertinent, vraiment ; commente quand tu trouves ça intéressant, vraiment ; et si tu n’as pas envie d’être public, envoie un petit message privé. Un simple “J’ai beaucoup aimé ce que tu as écrit, merci”, ça suffit.
Je sais que les réseaux sociaux sont devenus des vrais poubelles, avec des posts tous à moitié générés par IA et des commentaires haineux. Et si tu n’as pas envie d’y être, rien ne t’y oblige pour avoir du réseau : tu peux trouver les moyens qui t’inspirent toi ou qui te plaisent à toi, comme t’abonner aux flux rss des blogs qui te plaisent, écrire à leurs auteurs, prendre contact avec des gens après une conf, etc.
Tu rencontres quelqu’un à un événement ? Écris-lui après : rappelle où vous vous êtes rencontré·e·s, dis ce qui t’a marqué·e dans l’échange, propose de rester en contact.
Pas pour ajouter un énième contact à ta liste LinkedIn, mais pour transformer cette rencontre en une relation qui peut-être deviendra un lien.
Mets en relation les gens que tu connais !
Même en connaissant 10 personnes, il y a des chances pour que ces gens soient intéressés les uns par les autres. Ça peut être simplement en organisant quelque chose pour les faire se rencontrer OU ça peut aussi être de penser aux gens quand tu vois quelque chose qui les concerne : cette personne a exactement le même problème de déploiement que ta pote Charlène il y a 3 mois, cette autre cherche un avis sur cette boite où bosse justement Caroline que tu as rencontrée la semaine dernière, Julie a besoin d’aide sur les démarches pole emploi après sa rupture co et ça tombe bien, il se trouve que ton ancienne colocataire est justement devenue conseillère PE (tiré d’une histoire vraie, vous l’aurez compris)….
Bref, ne sois pas uniquement le point d’arrivée, sois une étape.
Parce que oui, tous ces éléments construisent du lien et c’est ça qu’on veut, au final.
Parce que le réseau n’est pas une stratégie, pas une technique, pas un chiffre LinkedIn. C’est des gens que tu connais, qui te connaissent, des échanges honnêtes, drôles, du soutien mutuel, que tu construis sans calcul. C’est le fait de vraiment s’intéresser aux autres, de vouloir comprendre comment fonctionne le monde du travail, de se soucier des problèmes des gens dans ton domaine. C’est comme ça qu’on s’entoure de gens qui aident vraiment (et que toi aussi tu aideras vraiment).
En conclusion, je n’aime pas networker. Mais les gens m’intéressent et apparemment, c’est ça qui marche.